NUMERO 1 : “VOYAGER COMME AVANT ? (SORTI EN JANVIER 2022)

A-t-on vraiment besoin de voyager ? – Anne Laure Mignon – Deux ans de déplacements à l’arrêt. De 2020 à 2022, l’action de “voyager” est devenue abstraite. Pas si grave, car comme beaucoup l’ont dit au moment du confinement : “voyager n’est pas un besoin essentiel”.  Vraiment ? N’éprouve t’on aucun besoin à voyager ? On fait le point sur nos désirs de voyages, peut être plus ancrés qu’on ne le pense… – illustrations : Mathilde Leroy 

“Je hais les voyages “ – J-F Lacroix – 1955. Claude Levi Strauss ouvrit “tristes tropiques” par cet incipit, moquant les conteurs de voyages qui romançaient leurs explorations et édulcoraient leurs rencontres. Mais au delà de cette provocation, l’auteur s’adressait d’abord à lui même : déçu. Déçu de son voyage, gravant son mea-culpa sur ce carnet de bord public, en nous adressant cette question : au fait, que cherche-t-on vraiment et surtout que trouve-t-on, au bout d’un voyage ? Illustrations : Irene Servillo 

Destination nulle part  Maxime Brousse – Prendre n’importe quelle route,  se retrouver quelque part…Ou pourquoi pas s’imaginer qu’on est quelque part, sans s’y trouver ?…”je crois que les voyages comme la langue doivent devenir une matière qu’on modèle.” Le journaliste et écrivain Maxime Brousse prend des chemins inattendus et visite des lieux qui oscillent entre réel et imaginaire, remettant en question le principe même de la  “destination”, graal du touriste. Illustrations : Titia Thomann

De l’exception à la banalisation du voyage  itw Rodolphe Christin – Aujourd’hui, qui n’a pas vu quoi ? Quel coin du monde un guide, un influenceur voyage ou juste Google ne vous a pas déjà montré ? Comment palier au manque de surprise, d’émerveillement, doit-on arrêter de voyager ? Depuis 15 ans, le sociologue Rodolphe Christin s’intéresse à la question du voyage, aux effets néfastes du tourisme, appelant à beaucoup moins se déplacer. Il est l’auteur de “La vraie vie est ici, voyager encore ?”, où il affirme la nécessité de questionner et de repenser nos départs si l’on veut encore s’émerveiller, à se défaire du voyage qu’on nous sert, à s’ensauvager. Nous l’avons rencontré. Illustrations : Sandra Rivaud 

 

Tout est-il à jeter dans le tourisme ? – Itw de Remy Knafou – Ringards, vulgaires, les “touristes” en ont toujours pris pour leur grade.  Un phénomène qui s’accentue depuis le retour des voyageurs vertueux, qui se démarqueraient de la dite catégorie. Attention noble “voyageur”, on reste toujours le touriste de quelqu’un ! Au delà de sujet de la distinction, on peut en tout cas affirmer que le tourisme a créé en un siècle d’immenses dégâts environnementaux, économiques et sociaux partout où il est passé. Aujourd’hui pour certains, le tourisme serait à “réinventer”. Pour nous il serait plutôt à défaire puis à oublier, afin de récréer tout autre chose. Mais si l’on devait faire un bilan d’un siècle de “démocratisation” du tourisme, en ressortirions nous tout de même avec quelques bienfaits ? “Tout est-t-il à jeter dans le tourisme ?” On en parle avec Remy Knafou,  chercheur, géographe et auteur de plusieurs ouvrages sur ce sujet. – Illustration : Titia Thomann –

After the gold rush :  J-F Lacroix – Faut-il voyager dans l’espace ? Pour nous ce sera non, avec ou sans Ellon Musk. Mais Musk et Bezos ne sont pas les premiers à nous demander de chausser nos pompes de cosmonautes, ils arrivent même en bout de chaîne. Reprenons depuis l’origine…Depuis quelques poussiéreux bouquins de science fiction, d’une vieille chanson de Neil Young, et du mouvement environnementaliste du début des années 70  !  Photos : Camille Parenthoine –

Venise contre les paquebots :   Tomasso Cacciari – Aout 2021 – Après des années de lutte, l’association  “Comitato No grandi Navi” de Venise obtient une grande victoire : toute croisière de plus de 180 M de long et pesant plus de 25000 tonnes est interdite d’entrer dans le lagon. Un combat de 10 ans, mené par le leader de l’association Tommasso Cacciari, qu’on a rencontré. Il nous explique ces 10 années de lutte, et en quoi cette victoire n’est qu’une étape vers celle finale : l’interdiction totale des sociétés de croisière dans toute la lagune. Illustrations : Sandra Rivaud

Ceux qui l’aiment le prendront de nuit :  Lauriane Gepner – ” peu importe le voyage, pourvu que l’horizon soit vaste” disait un t-shirt de mon père quand j’étais petite. Sans savoir pourquoi, cette phrase s’est inscrite dans mon paysage comme un refrain. Penser au voyage en train la refait surgir. L’horizon y défile sans rencontrer d’obstacle, livrant à la vue un panorama où l’esprit ne s’accroche à rien mais, imitant le train, file lui aussi, dérivant dans ses propres méandres…” Dernier appel avant embarquement immédiat pour les trains rêvés de Lauriane Gepner, qui ne pouvaient rouler que de nuit !  Illustration : Titia Thomann 

“Routes du nord”  – photographie – Louise Johansson – Louise habite à Aalborg, ville côtière du nord du Danemark. Elle y travaille ses clichés, son style qui se concentre sur les lumières fragiles de l’aube, dans cette région tournée vers la mer du nord. Elle crée ses compositions en jouant avec les halo artificiels de la ville industrielle, et fait de ces atmosphères sa spécialité. Combinant scènes urbaines et paysages naturels dans ce portfolio, elle nous ouvre les portes de ses lieux étranges, nous confiant un voyage poétique à deux pas de chez elle…

Les Greeters ou le pouvoir de la rencontre : Johnathan Huffstutler – Que signifie “visiter” une ville aujourd’hui ? Si pour certains c’est l’arpenter en totale impro, pour d’autres il s’agit de l’envisager grâce à un guide, digital ou papier. Bonne nouvelle pour les lassés des visites traditionnelles, avec les Greeters, on sort des conseils touristiques, pour aller vers une expérience  basée sur la rencontre, grâce à leurs milliers de bénévoles qui vous accueillent dans toutes les villes de France, un voyage totalement dématérialisé, sans transaction financière ! 

Virée portuaire avec Jacques, gardien des maux de la mer : Jacques Mahieu a grandi à Boulogne sur Mer. Depuis petit, il est imprégné du monde marin dont est issu toute sa famille. Il s’intéresse depuis quelques temps aux drames de mer, au moeurs, au langage de la société marine. Grâce à la généalogie maritime, il a même retracé le passé des familles de pêcheurs de la région, dont la sienne. Durant notre rencontre, on parcourt l’histoire de Boulogne, une ville portuaire, où pendant un temps de riches Anglais venaient y passer le week-end. Parait-il même qu’ils sont repartis avec la recette du welsh, faisant croire que c’était la leur…On descend la ville ,traverse l’ancienne gare maritime où Jacques a travaillé et qui a connu ses grandes heures, on se ballade sur le marché au poisson qui apparemment n’est plus ce qu’il était. Et pour noyer ce poisson, on part boire une bière au bar, dans le port industriel. Illustration : Mathilde Bedouet – 

 “La table du Recho” : Rappelons que pour certains le voyage n’est pas d’agrément, mais synonyme d’exil. C’est le cas pour les réfugiés du Récho, venus d’Afghanistan et de Syrie pour la plupart. Depuis qu’ils vivent dans cette ancienne caserne en plein Paris, certains s’ouvrent à des perspectives grâce à la cuisine, activité phare de l’asso La table du Recho, où ils travaillent (comme cuisiniers ou serveurs), en y amenant leurs recettes. Après avoir assister à un atelier des cuistos du Recho, Amaira, Ahmed et Ibrahim nous racontent comment ils gardent le lien avec leur pays d’origine grâce à la cuisine, et comment ils comptent s’en servir pour réaliser leurs rêves, entre désir d’ouvrir son propre restaurant en France ou dans leur pays, quit à attendre des années pour revenir.  Illustrations : Mathilde Bedouet

Mystère et misère de cartes postales – Jean- François Lacroix – Il y a 130 ans, le marseillais Dominique Piazza envoyait la toute première carte postale photographiée…Depuis, le petit bout de bristol timbré a fait un long voyage, qui aurait pu s’arrêter à l’ère du numérique, mais non. Tout comme la télé n’a pas disparue après internet, et que les vinyles ont survécu aux CD et à Spotify, la carte postale est encore là, elle trône encore dans nos boites aux lettres au milieu d’enveloppes aussi pâles que leurs intitulés. Mais elle n’est pas si frivole qu’elle en a l’air. Elle a notamment pu être la photographie de périodes sociales comme le reflet des colonialismes…Retour sur un objet voyageur étrange. Photos : Camille Parenthoine

Hors saison  portfolio   par Mayssa Jaoudat et Serena Rampon : Les lieux touristiques ont t’ils quelque chose à nous dire ? Oui, notamment lorsqu’ils se vident…Les artistes Serena Rampon et Mayssa Jaoudat ont capturé la subjectivité d’endroits “carte postale”, là où le temps semble avoir été déposé. Des ces bulles touristiques l’émotion surgit, que ce soit du côté de Rimini en Italie ou sur la côte Marocaine, dans la région de Casablanca, des lieux où il se dégage une aura qu’on pourrait qualifier d’hors du “commun”…

Ma boring carte postale : par Yoann Vrignaud – “14 septembre 2021, Midi à Valognes, avec la grand-mère, le père, et le fils. Amen.” 

Benidorm au patrimoine mondial de l’UNESCO ?  A chaque édition d’Offtrack, on vous ouvre les portes de stations balnéaires historiques populaires, afin d’aller voir ce qui se passe derrière la carte postale, et pour se poser la question : que vont devenir ces lieux jadis encensés, symboles du tourisme de masse ? Pour cette première, direction Benidorm, première destination touristique de la Costa Blanca, un lieu populaire aussi hait qu’aimé en Espagne…Une ville qui malgré ses détracteurs pourrait s’ouvrir les portes…du patrimoine de l’Unesco. Illustrations : Titia Thomann

Pourquoi tu pars ? avec Céline Escalère – “je pars pédaler un peu. Je pense faire 35 000 km et visiter une trentaine de pays. Il va faire beau, je ne vais pas crever une seule fois. J’ai un vélo, un klaxon, je crois que j’ai tout.” En mai 2017, c’est par ces mots que Céline lança le départ d’un long voyage, from Seine et Marne to portes de la Chine. Un message posté avant les premiers coups de pédales, après avoir checké qu’elle n’avait rien oublié dans les sacoches de son VSF tX400. Une aventure préparée à l’avance reste-t-elle une aventure ? En découvrant celle de Céline on peut penser que oui, tant rien ne s’est passé comme prévu. Elle nous raconte l’avant, l’aventure elle même,  la sensation de l’après voyage, mais aussi ce que veut dire partir seule quand on est une femme française noire, qui traverse deux continents à vélo. Illustrations : Titia thomann

Eroica, la boucle dans le temps – avec Simone Santini et Giancarlo Brocchi –Bienvenue à Gaiole à 30km au nord de Sienne. Ici, depuis 1997, à chaque premier dimanche d’octobre, il s’organise une messe étrange. Les strada bianche, routes blanches sinueuses du Chianti voient défiler des centaines d’illuminés, habillés “retro”, sur des très vieux vélos…On l’appelle “l’héroique”, et c’est bien ce qu’il faut être pour partir à l’assaut des 200KM de routes vallonnées sur des vélos anciens…Si l’épreuve est devenue légendaire, c’est aussi grâce à son fondateur : Giancarlo Bianchi. On l’a rencontré  à Sienne, il nous explique son parcours, des jeunesses communistes à son voyage initiatique à Cuba, d’où il eut l’idée de créer la fameuse “Eroica”. – Photos : Simone Santini –

Si la nuit Lisboète nous était contée  Vincent Barros – Offtrack a déambulé dans la capitale portugaise pour s’immerger dans sa culture festive. Imprégnés de ses rythmes musicaux du crépuscule au petit matin, nous sommes finalement revenus avec deux récits…L’un en ville, dans un petit bar à l’ambiance chaleureuse portée par une clientèle d’habitués. L’autre en périphérie, pour une rave party organisée par le label Underground Meco ! Photos : Vincent Barros et Antonie Colombini

Avec qui partir ? Les voyages en solo, ça peut vite devenir chiant, entre remises en question interminables et contemplations surfaites..Pour éviter la dépression du “voyager seul” et choisir le meilleur compagnon de route possible, consultons le genre du road-movie américain, qui nous a fournit moults conseils pour choisir ce.tte fameu.se “pote de voyage” !

Des échos au pied du Vésuve  JF Lacroix – A l’heure covidienne qui n’en finit plus, rembobinons 50 ans en arrière, au moment où un groupe de rock a parachevé sa légende en effectuant un live sans aucun public, à rebours de son époque : dans l’enceinte d’un monument historique. Parfois, une petite étincelle est nécessaire pour que se crée dans l’histoire un moment indélébile. C’est ce qui s’est passé avec ce concert de Pink Floyd, un soir d’octobre à Pompei, à jamais gravé dans le grand livre du rock. Nullement décidé suite à un brainstorming d’une team marketing zélée, le live le plus ovniesque du XXe siècle fût bel et bien amorcé un peu par hasard, lors d’une banale visite touristique…

Dialogues avec….Alexis Le Rossignol : Alexis Le Rossignol de la Bande Originale (France Inter) est notre premier passager interviewé pour Offtrack ! On part ensemble du Ladakh au Mexique en passant par les Deux Sèvres, théâtre de son dernier roman “les voies parallèles” (éditions Plon), un drôle de voyage dans un coin de l’espace et du temps…On y discute “écrivains du voyage”, stand-uppers mexicains, mobylettes de la liberté, hôtels “le terminus” et routiers de l’extrème, entre autres ! Illustration : Titia Thomann

Travel Horrorscope  Yoann Vrignaud – Où partir ? Un choix jamais facile, surtout lorsqu’on a sale caractère…Quel rapport ? Immense rapport. Pourquoi ces foutues vacances de 2011 ont foiré selon vous ? C’est pourtant simple, la destination choisie n’était pas adapté à votre signe astral. Le poisson ne nage pas dans toutes les latitudes, le bélier ne broute pas toutes les herbes. Heureusement, le grand astro-voyant Yoann Vrignaud est le seul parmi ses confrères à deviner la compatibilité de votre signe avec votre potentielle destination de vacances. Entre autres dons de dieu (dixit lui même), car il peut aussi vous conseiller sur votre futur barbecue ou le choix d’un animal de compagnie par cette méthode. Merci, ô grand voyant.